Actualités

Quelles pistes pour structurer le marché de la rénovation énergétique ?

En France ces vingt dernières années, plusieurs dizaines de dispositifs ont été mis en place pour promouvoir les opérations d’économie d’énergie.

Pourtant, la rentabilité des opérations engagées, les gains réels sur la facture énergétique et la baisse de la consommation énergétique des particuliers ne sont pas au rendez-vous.

Le constat est sans appel !
En France, le marché de la rénovation énergétique fait du sur place. En moyenne, les travaux énergétiques efficaces ne concernent qu’un chantier sur quatre !

Accroître fortement le nombre de logements rénovés énergétiquement chaque année tout en faisant bénéficier les Français d’une réduction de leur facture énergétique pour leur logement est toujours un objectif à atteindre.

 

Comment réduire l’empreinte énergétique et carbone des logements privés ?

Les secteurs résidentiels et tertiaires sont à l’origine de 20 % des émissions nationales de CO² dont 12 % pour le seul secteur du logement des ménages, selon l’Observatoire de l’immobilier durable 2019.

Les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment proviennent essentiellement des usages pour le chauffage, la cuisson et l’eau chaude sanitaire pour lesquels gaz et fioul représentent encore des sources importantes d’énergie (respectivement 60 % et 33 %).

Or chaque année des moyens publics importants sont consacrés à la rénovation énergétique du bâtiment :
–  3,9 milliards d’euros en 2019 pour l’État dont presque deux tiers de dépenses fiscales (crédits d’impôts et allègements de taxes).
– des aides des collectivités territoriales, des caisses de retraite et d’Action Logement.

Au total, selon le Plan Bâtiment Durable, 4 à 5 milliards d’aides sont mobilisés annuellement pour le parc privé.

Pour quels résultats ? Malgré ce niveau élevé d’engagement public, les émissions dans les bâtiments existants ne se réduisent pas. La faute à des rénovations énergétiques pas ou peu performantes.

 

Quels sont les obstacles actuels à la rénovation énergétique des logements ?

Les ménages ne connaissent pas la rentabilité éventuelle de la rénovation thermique de leur logement. Ils dépendent pour leur information et leur accompagnement de professionnels du secteur qui sont encore peu structurés et insuffisamment formés à la rénovation énergétique.

Les dispositifs d’accompagnement technique et financier sont méconnus, éparpillés et difficiles à appréhender.

Les ménages sont sensibles au coût des travaux. Ils ne veulent pas prendre le risque d’un investissement lourd sans la certitude de vraiment faire des économies.

Entre économies d’énergie théoriques et économies réelles, la rénovation énergétique fait face à des défaillances du marché qui résident dans la faible rentabilité des travaux et bien souvent une surestimation de la valorisation énergétique des opérations.

Les aides comme les opérations « coups de pouce » des certificats d’économie d’énergie vulgarisés à travers l’isolation à 1 euro  ont eu un effet pervers d’uniformiser les travaux alors que l’isolation ne règle pas tous les problèmes.

La plupart des rénovations énergétiques sont encore initiées lors d’une extension ou de la réfection d’une partie importante du logement (toiture, façade…) et non dans une démarche globale.
La question de l’énergie est rarement un déclencheur.

Les travaux sont très majoritairement réalisés poste par poste sans engagement sur la performance énergétique, et non priorisés dans une perspective de réduction des consommations d’énergie.

Avancer sur le chemin de la rénovation énergétique par une approche plus globale

 

Le chemin à parcourir reste très important pour parvenir à un parc de logements au niveau BBC à l’horizon 2050.

Pour réussir la rénovation énergétique des logements, une véritable remise en question doit être entreprise par les différents acteurs du marché (financement, vente et réalisation des travaux.) :
–  Dépasser les principaux obstacles identifiés.
– Surmonter la contrainte de crédit des ménages, leur défaut d’information et leur aversion au risque
-Structurer l’offre et la faire monter en efficacité et en compétences.

Il est essentiel de développer une approche globale de la performance énergétique du bâtiment, incluant la qualité de l’air et le confort thermique.

  • Généralisation des méthodes de rénovation, en concevant et expérimentant des bouquets technologiques associant sur la base d’un audit de performance énergétique ,
  • Isolation de l’enveloppe et systèmes thermiques (ventilation, production de chaleur voire de rafraîchissement).

En considérant que les coûts de la rénovation couvrent également des coûts d’amélioration de confort, l’enjeu sera d’accompagner les ménages pour qu’ils adoptent les bons gestes et garantir la qualité, l’efficacité et la performance des opérations.